Cela fait maintenant un an et demi que je suis avec vous constamment et depuis ces nombreux mois, je n'ai été confrontée à l'annonce du cancer "que" trois fois dont une ce matin, de façon tout à fait impromptue.
J'avais rendez-vous avec R., une femme que je connais depuis deux ans maintenant.
Nous ne sommes pas proches à vrai dire.
Mais elle est importante pour moi.
Quand je dis qu'elle est importante, je veux dire que son avis compte.
Je côtoie R. professionnellement uniquement.
J'ai pourtant remarqué qu'elle aime beaucoup le cuir et particulièrement cette petite veste marron patinée qui lui va si bien.
Je dis cela mais je n'en sais rien.
C'est une pure supposition de ma part. Une simple question d'observation.
Elle est très active dans la lutte contre le cancer du sein.
Elle se prononce même à ce sujet.
Ce matin, Rendez-vous à 11 heures dans son magnifique bureau pour lui parler d'un sujet qui me tient à coeur.
Comme toujours R. est chaleureuse et souriante.
Elle m'écoute, reformule pour voir si elle a tout compris.
Et au détour d'une phrase, elle me fait comprendre qu'elle l'a elle aussi ce fichu cancer.
Nous continuons de parler de mon projet.
Et puis au moment de nous embrasser pour nous dire au revoir, je lui ai demandé comment elle allait, naturellement, enfin je l'espère.
R. me dit qu'elle va bien.
Je lui manifeste mon amitié, lui assure mon soutien et puis je lui parle de vous toutes, mes amies, vous qui me montrez tant de jolies choses.
Vous qui propulsez la vie à son maximum.
Je lui raconte Béa et sa marche, Nina et Olivier, Patricia, Anne, Claudine, Michèle, le saut en parachute de Dominique.
Je lui dit, comme je le pense, que c'est souvent dans l'adversité que l'on se révèle et qu'après cette épreuve, elle accomplira ce qu'elle n'a jamais osé accomplir.
Elle me rejoint sur ce principe et nous nous quittons.
Sortie de son bureau, j'ai foncé lui acheter quelques douceurs ainsi qu'un simple carnet sur lequel je lui laisse un message personnel.
Je connais R. professionnellement.
Oui bien sûr... Mais en cet instant présent, j'ai voulu être avec elle comme je l'aurai fait avec une amie de toujours.
Une confidence lâchée à demi mots nous avait unies en quelque sorte par le biais d'un profond échange.
Sophie Kune


C'est une belle histoire Sophie. Je reconnais à travers celle-ci ta sensibilité et ta grande gentillesse. Ton intérêt pour nous, femmes de combats. Merci Sophie de nous inviter dans ton joli blog.
Merci à vous tous.
C'est vous qui faîtes mon blog.
Si, si je vous assure.
Gros bisous en tous cas.