Le mail de Natacha a mobilisé toute notre attention ces derniers jours.
Voici ce qu'il nous raconte :
"Bonjour,
Veuillez nous excuser , nous avons trouvé votre blog sur le net et on se demande s'il est possible que vous répondiez à nos questions.
voila mon mari ( dont sa mere est attente de cancer du sein ) aimerai aller voir le medecin car sa maman ne lui raconte jamais la même chose ( un jour elle dit que le medecin lui a dit qu'elle allais mourrir et l'autre que non il ne lui a rien dit).
Quand mon mari lui demande si elle fait attention à elle, il decouvre que non. On habite dans le sud et croyez le ou non mais elle ne se protège pas la peau après 8 séances de chimio.Elle mange n'importe quoi et surtout elle vit avec un fumeur (ca encore ca pourrait aller mais il fume près d'elle).
Alors quand mon mari a demandé à voir le medecin la secretaire a repondu que non pas sans la patiente mais voila il ne veut pas y aller avec sa mère car elle ne l'écoute jamais alors il s'est dit que s'il parlait avec le médecin, lui pourrai parler à sa mère.
Donc les questions sont : le médecin peut il vraiment refuser de parler à son fils?
: comment lui faire comprendre qu'elle doit faire attention à elle?
: connaissez vous des associations sur Avignon avec qui parler
Merci d'avoir lu ce mail.
Natacha"
Voila la réponse de Dominique :
Cette histoire soulève à mon avis trois questions: jusqu'où va le secret médical, comment se faire aider quand on se sent incompris par une équipe médicale, et à quelle porte frapper quand la maladie d'un proche provoque des tensions familiales?
Quelques éclairages pour y répondre et mieux faire face à ces moments délicats.
La base du secret médical est de permettre l'établissement d'une relation de confiance entre le patient et le médecin. En se confiant au médecin, le malade donne à celui-ci tous les éléments pour le soigner au mieux. En retour, le médecin confie au patient le résultat de ses examens et le diagnostic de sa maladie, révélations indispensables pour comprendre et accepter les traitements proposés. Toutefois, pour des raisons d'humanisme, un malade peut être tenu dans l'ignorance de la gravité exacte de sa maladie s'il en fait la demande ou si le médecin juge, en conscience, que c'est nécessaire pour éviter la perte de tout espoir d'amélioration. Mais c'est toujours l'intérêt du malade qui prime. S'il ne veut pas révéler sa maladie, ou la gravité de celle-ci à ses proches, le médecin doit respecter ce souhait et donc se taire lui aussi. S'il veut choisir une seule personne à qui parler, le médecin suivra aussi. Bien entendu cette situation ne s'applique pas aux mineurs ni aux personnes qui ont perdu leurs facultés mentales. Dans ces cas, les parents ou les proches sont évidemment informés. Idem quand la maladie fait courir un risque à l'entourage.
Le médecin n'est pas le seul tenu au secret médical. L'infirmière, la secrétaire qui a connaissance du dossier, l'agent hospitalier présent au moments des soins... toute l'équipe hospitalière doit aussi le respecter.
Quand un médecin refuse de parler à la famille, cela reflète souvent une incompréhension de part et d'autre. Il est normal que le médecin réclame la présence ou l'accord de la personne malade, justement pour ne rompre le secret médical. Mais il est normal aussi de recevoir les proches des patients qui le demandent. Parmi les solutions donc: demander son accord et le transmettre à l'équipe médicale, l'accompagner à ses soins ou en consultation, avec son accord la aussi bien sûr. Il existe par ailleurs dans les hôpitaux des médiateurs chargés de résoudre les problèmes entre patients et équipe médicale. On peut y prendre conseil.
Mais le médecin n'est pas là pour régler les problèmes de famille. L'irruption d'une maladie grave bouleverse forcément les rapports familiaux car tout le monde souffre. On est malheureux de voir ceux qu'on aime malades, on voudrait donc au moins qu'ils mettent toutes les chances de leur côté pour guérir mais cela ne se passe pas toujours ainsi. Même si nous avons raison sur le fond (bien manger, ne pas fumer protège sa santé ...) , nous ne sommes pas à la place du malade. Nous pouvons en discuter avec lui, donner notre avis, mais il est libre... de ne pas le suivre. Cela peut-être très dur à supporter. Si on souffre beaucoup de cette situation, si cela vient à occuper toutes nos pensées, nous empêcher de dormir... il vaut mieux partager ce souci. On peut prendre contact avec une association comme la Ligue contre le cancer qui met à la disposition des malades et de leurs proches une ligne d'écoute nationale et des comités dans tous les départements. Renseignements au 01 53 55 25 40. Ligne Cancer Info service: 0 810 810 821.


Il existe à Avignon, un groupe d'écoute et de soutien pour les patients ET pour les proches: encadré par deux excellentes psychothérapeutes... Les info sont faciles à trouver (suffit de demander par exemple dans un secrétariat de de la Clinique St Catherine par exemple, ou le service onco de l'Hopital la Durance ou Urbain V ... voilà