Il y a les amis proches et les plus lointaines. Celles, aussi, qui se réveillent à cette occasion. Celles, enfin, qu’on va découvrir. Car la maladie a ceci d’étonnant que, à la fois elle nous éloigne de certaines personnes et à la fois elle nous rapproche d’autres. Une situation parfois troublante mais souvent source de grande richesse. En effet, les liens que l’on tisse au moment de la maladie sont souvent très forts. Peut-être parce que notre fragilité nous rend plus réceptive aux attentions, comme aux maladresses. Peut-être aussi, parce que, ne pouvant batailler tous azimuts, nous réservons notre énergie à ce qui vaut vraiment le coup. Alors la copine qui ne donne plus signe de vie sous prétexte qu’elle a peur de nous fatiguer, autant l’oublier! Celle qui se plaint toujours de quelque chose, idem. Quel bonheur en revanche de pouvoir compter sur les « vraies ». Vous savez, celles qui sont toujours là le soir où « ça ne va pas » et qui vont vous entraîner au cinéma... Celles qui ont toujours une bonne histoire à raconter. Celles avec qui on a toujours partagé plein de choses et qui savent trouver la bonne distance. Et puis curieusement, dans ces périodes difficiles, les autres se confient aussi davantage, car les confidences attirent les confidences. On découvre alors parfois des amis qu’on connaissait mal. On rencontre aussi des femmes qui traversent le même parcours et deviennent des amies. De vrais trésors…
Je pense aussi que les amitiés se renforcent tout simplement autour de souvenirs communs. C’est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de vous raconter une jolie surprise. La veille du jour où je devais commencer ma première chimio, j’avais trouvé en rentrant chez moi un paquet devant ma porte. C’était un joli châle, bien chaud accompagné d’un petit mot qui disait : pour que tu n’aies pas froid pendant ta chimio demain car, frileuse comme on te connaît, tu vas avoir froid avec le casque….Le message venait de deux copines qui m’avaient ce soir-là, surtout réchauffé le cœur. Le plus rigolo, c’est que un an plus tard, ma fille s’est entichée de ce châle et l’a porté pendant longtemps. Sans savoir… Avez-vous aussi connu des gestes d’amitié qui vous ont vraiment touché? Racontez-nous. Cela peut donner des idées aux copines qui ont une copine qui … Dominique Pierrat Crédit@Philips


Pour moi pas de châle (et pourtant je suis tout le temps gelée) mais une présence discrète et permanente d'une amie, Chantal, (presque ma grand soeur, enfin celle que je n'ai pas en vrai) qui tout au long de ma chimio et même maintenant avec les rayons passe me voir sans rien dire ni téléphoner avec un bouquet de pivoines (ma fleur) ou avec un livre ou un gâteau... on papote un moment plus ou moins long, de tout de rien, d'elle, de moi, des ballades qu'on va faire... Elle est là depuis le 1er jour.
Et puis il y a les "rencontres" via les blogs, comme Claire que je vais rencontrer mercredi matin et avec qui nous avons échangé quelques petits mots, comme Marie qui vit un handicap lourd à porter mais avec qui j'ai beaucoup d'atomes très crochus et que je vais voir début août, ou encore Pascal ou Stella que j'espère rencontrer un jour prochain parce qu'au fil des mois, au travers de nos écrits, des choses se sont passées, des choses se sont dites... et ça c'est plus fort que le simple coup de fil une fois par mois de soit disant amis avec qui on ne partage plus rien.
J'aime beaucoup l'image du châle et en y repensant, Chantal m'a offert au tout début de mon cancer une adorable statuette de chatons en faïence de Moustiers - j'ai comme l'impression qu'elle veille sur moi.
Ton châle relève d'un très beau geste d'amitié Dominique.
Quant à toi Béa la fleur, je suis très heureuse que tu rencontres Claire.
Pour ma part, ce blog avec vous, c'est un epsace rempli d'amour qui passe à travers l'écran.
Et plus encore, c'est Requia que l'on voit à côté de moi sur cette photo qui m'a donné une magnifique preuve d'amitié en créant la chaîne rose avec moi...Pour vous.
Quand j'y pense, je me dis que malgré toutes les épreuves, purée ce que la vie est belle.
Merci à vous toutes et pleins de bisous à Requia.
Merci Béa, je trouve que ces petites, non ces grandes histoires d'amitié sont très réjouissantes. Cela réconcilie avec la terre entière....
J'ai fait la connaissance de Sophie (une autre!) il y a 5 ans . Nous prenions des cours de danse avec nos conjoints, et nous avons sympathisé. Le 1er Novembre dernier,quand elle nous a annoncé un cancer du sein,j'étais effondrée car c'était, déjà pour moi, une vraie crainte. J'ai fait ce que j'ai pu pour l'encourager et elle m'a épaté avec son moral en béton. Un mois après, une mamographie révélait chez moi une tumeur, qualifiée de cancéreuse après l'opération. Nous nous sentions proches, nous sommes devenues soudées par notre combat contre ce cancer. Elle a commencé les rayons et j'attends la chimio. Nous aimons nous retrouver pour bricoler ,parler, rire de tout, et de la maladie...J'ai admiré sa réaction face à la maladie et elle m'a donné l'envie et la force d'en faire autant. Mes autres amies me comblent aussi de leur temps,de leur affection et de leur visage souriant. Je souhaite à toutes de connaître ce soutien indispensable.
merci Patricia pour ce très beau témoignage.
Comment allez-vous aujourd'hui toutes les deux?
Je viens de relire ces témoignages sur les copines et j'ai envie de donner des nouvelles de Sophie qui me soutient avec affection et constance. Elle m'accompagne cet après-midi pour la 2ème cure de chimio. Son traitement est terminé mais elle doit subir une reconstruction mamaire de l'autre sein en juillet. La bonne nouvelle, c'est qu'elle va être mamie dans 15j pour la 1ère fois!
Bisous à toutes.