Conversation ce matin à la boulangerie alors que j’attendais mon tour. « J’ai un cancer, vous savez," dit la vendeuse. Ah, bon, pourtant vous avez bonne mine! répond la dame en attrapant sa baguette. Est-ce à dire que si on n’a pas l’air malade, on ne l’est pas ? Ou du moins que cela ne doit pas être bien grave, alors pourquoi en parler ? Le procès est facile... mais il montre combien nous sommes sensibles au regard des autres, et davantage encore quand nous nous sentons vulnérables.
Tout commence à la naissance. L’enfant s’éveille au monde en cherchant le regard de sa mère qui le rassure. C’est aussi un signe d’attachement. Observez un nourrisson en train de téter, ses yeux se lèvent vers sa mère. Cela n’a pas échappé aux peintres! Remarquez dans les musées les madones qui donnent le sein, très souvent les bébés les regardent.
Et c’est aussi un signe de bonne santé. Quand un bébé se déshydrate, ses yeux partent dans le vague, son regard ne fixe plus. Même chose chez une personne qui vit dans son monde. Or, pas de regard, pas d’échange, ou du moins plus difficilement.
Une mise à distance que l’on peut aussi subir quand on est malade. La maladie des autres dérange car elle rappelle que cela peut nous arriver un jour. Pour certains, c’est insupportable, ils préfèrent détourner le regard. Comme nous avec nos cicatrices. C’est difficile de regarder
sa poitrine abîmée. Dans un premier temps, on ne voit que la mutilation. Mais ces marques ne sont-elles pas aussi le témoin d’un geste destiné à nous sauver la vie ?
Lors d’un voyage en Grèce pendant ma période de chimio, il m’est arrivé une « drôle » d’histoire. Alors que je me préparais dans ma chambre d’hôtel, une femme de service entre à l’improviste. Me voyant sans cheveux, son regard s’anime et elle s’exclame en riant : « Oh, la Mode ! ». Amusée de cette confusion, j’entreprends de lui expliquer que non, je ne suis pas venue pour un défilé de mode (un comble dans ma situation !) tout cela avec des gestes car elle ne parlait que grec, hormis ces deux mots de français! Soudain elle comprend, s’avance alors vers moi, et me serre dans ses bras, bouleversée. Je n’oublierai jamais….
Depuis je me dis souvent que c’est fou comme une même situation peut donner lieu à des interprétations différentes, selon le regard qu’on porte sur elle. Alors si nous nous voyons comme des femmes bien décidées à guérir, peut-être les autres nous verront-ils aussi comme cela. Et ils auront moins peur… de nous regarder.
Dominique Pierrat



C'est vrai. Les autres sont toujours étonnés qu'une personne atteinte du cancer puisse être comme tout le monde finalement…Par contre, il est très beau ce bébé ! Et la maman a l'air d'être bien occupée…
C'est quelque chose que j'ai ressenti au tout début de mon cancer... Quand je disais que j'étais malade; les personnes autour de moi cherchaient visiblement une trace extérieure de la maladie, puis petit à petit les traces physiques (chute des cheveux, cernes, etc etc) apparaissent et là on voit dans leur regard une sorte de gène, ou de peur à venir vous voir, vous parler. Je me souviens d'une soirée dans laquelle je retrouvais des gens que je connais depuis plus de 15 ans, vers qui j'ai été obligée d'aller pour pouvoir parler. Tout le monde était sur la réserve. Une fois le pas franchi, l'ambiance s'est détendue... et puis ils ont compris que même malade j'étais toujours la même, mais en plus fort, en plus décidée, en plus volontaire.
Je suis d'accord avec vous et de façon générale, les gens sont génés par la différence.
Merci Nina pour ces gentils mots...
C'est vrai que je suis bien prise ces derniers temps, pour mon plus grand bonheur.
bonsoir, sa ma fait du bien de vous lire j'ai eu un début du cancer du sein il y a trois ans et maintenent le cancer de l'utérus enfin non pas vraiment des cellules pré cancereuse physiquement pas vraiment de changement etant donner que pour l'instant je n'ai eu que des rayons!!! mon ami m'a tromper alors que j'etais malade que je ne me sentais plus femme je ne sais plus vraiment vers qui me retonner pour discuster de mes soufrances intérieurs et surtout je me dis comment peut ont s'arreter sur de si petites choses alors qu'il y a des gens qui souffrent bien plus avec la maladie et qui doivent lutter pour vivre... je vous embrasse et vous souhaites plein de bonheur...
@ Ingrid, bon courage et accroche toi.
Je t'embrasse aussi.
CHERCHE PERSONNE POUR DIALOGUE SUR LE CANCER DE LUTERUS ET AUTRE,je m'appelle lydia j'ai 40 ans je travers une dur épreuve .j'ai le cancer depuis plusieurs mois,et je suis trés inquiete POUR MES DEUX PETITS ,recherche dialogue pour mon moral
nous sommes là lydia.
parles nous et plein de courage à toi.
lydia, je t'invite aussi à aller sur "Mail de Nuit", http://www.tribucancer.org/Mail-de-nuit/affiche/ c'est une association de psychologues qui répond à n'importe quelle question de patientes à n'importe quelle heure de la nuit , cela peut être utile quand tu te sens seule et quand il s'agit d'une conversation "intime".
tu en penses quoi?